STAGE - Contribution au développement de l’aval d’une filière de production d’algues alimentaires en Polynésie française

Papeete, Tahiti

  • Un stage basé à Tahiti

 

Description

La Communauté du Pacifique (CPS) est la principale organisation scientifique et technique de la région du Pacifique, qui soutient son développement depuis 1947. Nous sommes une organisation internationale de développement détenue et gouvernée par nos 26 pays et territoires membres. Afin de poursuivre le développement durable au profit des habitants du Pacifique, notre organisation unique en son genre travaille dans plus de 25 secteurs. Nous sommes reconnus pour nos connaissances et notre innovation dans des domaines tels que les sciences halieutiques, la surveillance de la santé publique, la géoscience et la conservation des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture.

Le Programme de changement climatique et durabilité environnementale (CCES) comprend les différents programmes mis en œuvre par la CPS pour soutenir les pays et territoires du Pacifique face au changement climatique. Le Projet Régional Océanien des Territoires pour la Gestion durable des Ecosystèmes (PROTEGE) est une de ces initiatives dont l’objectif est de promouvoir un développement économique durable et résilient face au changement climatique, en s’appuyant sur la biodiversité et les ressources naturelles renouvelables. Le projet est financé par l’enveloppe régionale du 11ème Fonds Européen de Développement (FED) et est établit pour une durée de quatre ans (2018-2022), prolongé jusqu’en 2023 par la crise COVID 19. PROTEGE est un projet de coopération régionale qui intervient en soutien des politiques publiques des quatre PTOM du Pacifique : Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis et Futuna et les Iles Pitcairn. Pour se faire, le projet se décline en quatre thématiques dont le thème « Pêche et Aquaculture » auquel s’intègre une action de développement de l’algoculture durable en Polynésie française.

La Direction des Ressources Marines (DRM) en Polynésie française développe aujourd’hui à travers PROTEGE des itinéraires de culture pour différentes espèces d’algues indigènes : Gracilaria parvispora et Acanthophora spicifera, principalement.

 

Si les travaux se focalisent aujourd’hui sur la faisabilité technique de la production d’algues alimentaires, il paraît nécessaire de commencer à répondre aux problématiques qui se profilent en aval de la filière algoculture émergente :

  • Quelles seront les normes d’hygiène pour conditionner des algues fraîches ou transformées, les transporter, les commercialiser ? Qu’impliquent ces règles pour les futurs porteurs de projet en algoculture, notamment en termes d’investissement ? Ces interrogations sont vastes : quelle sera la DLUO en frais ? Le fermier aura-t-il besoin d’un laboratoire alimentaire ? Quelles seront les analyses obligatoires à effectuer sur les algues avant commercialisation ? Quelles implications sur le choix des sites de production ?
  • Quelles sont les possibilités de transformation ? Lyophilisation, saumurage, voire fumage sont des pistes à explorer pour augmenter les marges réalisées par les producteurs et leur permettre d’accéder au marché de l’export.
  • Quelle communication pour lancer l’algue sur le marché polynésien ? Aujourd’hui les algues alimentaires sont en train de revenir à la mode grâce à la vogue du « healthy food » associée à la mondialisation d’une cuisine « fusion » et du « Poke ». Paradoxalement, alors que les anciens polynésiens pêchaient et consommaient des algues, la Polynésie importe aujourd’hui des algues d’Asie pour satisfaire cet engouement venu d’ailleurs. Une communication axée « manger local » et « retour aux sources » pourrait être pertinente pour remettre les algues produites dans les assiettes des consommateurs polynésiens. Cette communication devra être associée à la formulation de recettes qui s’intègrent dans la cuisine polynésienne contemporaine.

 

Ces trois aspects de l’aval (hygiène/réglementation, transformation et communication) devront être abordés au cours du stage. Les missions du stagiaire se déclinent donc ainsi :

  • Expliciter les dispositions réglementaires en matière d’hygiène applicables à la filière algue fraîche et à la filière algues transformées, et discuter les implications potentielles pour le producteur, notamment en termes d’investissement (nécessité d’avoir un fourgon frigorifique, d’un laboratoire alimentaire ?), de démarche (analyse à fournir régulièrement ?), ou d’organisation (nécessité pour les petits producteurs de se réunir en coopérative pour mutualiser certains investissements ?). Cette partie de la mission impliquera de communiquer avec les différents acteurs administratifs de l’hygiène en Polynésie, d’étudier la législation en vigueur sur des produits similaires, et d’échanger avec les développeurs de l’itinéraire technique pour ajuster les pratiques aux contraintes de l’aval.
  • Proposer des méthodes de conditionnement pour les algues fraîches.
  • Proposer des méthodes de transformation : sauces, condiments lyophilisés, algues fumées/saumurées/salées, avec une description de leur mise-en-œuvre technique, ainsi qu’une discussion sur leur qualité organoleptique et leur insertion potentielle sur le marché local et international. Cette partie de la mission pourra être réalisée dans un laboratoire alimentaire partenaire et impliquera de s’intéresser à ce qui se faisait autrefois en Polynésie (sources ethnobotaniques locales et hawaiiennes) et aujourd’hui dans le monde (Asie surtout).
  • Proposer des recettes de cuisine destinées au polynésiens : il s’agira de produire un petit carnet de recettes qui servira d’outils de promotion des algues. Cette partie de la mission impliquera la sélection de recettes adaptées au contexte culinaire local puis des essais auprès de la population. Un partenariat avec le Lycée Hôtelier est envisagé sur cet aspect.
  • Produire un compte-rendu d’analyses biochimiques. Au cours du stage, des analyses biochimiques des différentes algues seront menées par un laboratoire extérieur. Le stagiaire aura pour mission de préparer les échantillons pour l’analyse (lyophilisation d’algues obtenues via différentes méthodes de culture) et surtout de discuter les résultats (comparatif avec d’autres espèces sur le marché, métaux lourds, impact de l’itinéraire technique sur le profil nutritionnel, et c.).
  • Enfin, proposer de méthodes de valorisation des épiphytes. En effet, les algues cultivées aujourd’hui sont souvent contaminées par des épiphytes du genre Enteromorpha. Un objectif de ce stage sera de proposer des solutions innovantes pour valoriser ces algues qui étaient autrefois consommées et dont on peine à se débarrasser en culture.

 

Le stagiaire sera intégré à l’équipe PROTEGE de la Cellule Innovation Valorisation en Aquaculture de la Direction des Ressources Marines à Vairao, sur l’île de Tahiti.

Nous recherchons pour ce stage un profil agroalimentaire/halioalimentaire. La compréhension des productions marines est un plus, notamment pour toutes les discussions avec les développeurs de l’itinéraire technique. Pour réussir dans l’accomplissement de ses objectifs, le stagiaire devra faire preuve d’une grande facilité à communiquer avec des acteurs divers (R&D, administrations, cuisiniers, transformateur, …), être capable de travailler en autonomie, et surtout : être curieux et proactif.

 

Principaux critères de sélection

 Qualifications

  • Etudiant en master en agroalimentaire/halio-alimentaire

 Expertise technique

  • Connaissance des normes d’hygiène et de leur mise en œuvre dans les entreprises halio-alimentaires
  • Connaissances en transformations agroalimentaires et halio-alimentaires,
  • Connaissances en nutrition et analyses biochimiques,
  • Connaissances en halieutique (facultatif)
  • Compétences en rédaction de support de communication (facultatif)

 Compétences linguistiques

  • Qualités rédactionnelles en français
  • Bonne compréhension de l’anglais écrit

 Compétences personnelles

  • Facilité de communication
  • Autonomie
  • Curiosité
  • Esprit d’initiative
  • Goût pour la cuisine (facultatif)
  • Permis B

 

Indemnité, termes et conditions

Date de début - Ce stage est à pourvoir pour un démarrage entre décembre 2022 et février 2023.

Durée - 6 mois

Indemnité de stage – Le·la stagiaire percevra une indemnité d’un montant de 100 000 francs xpf par mois (838€ par mois).

Autre :  Nombreux déplacements et travail de terrain à prévoir sur Tahiti

Langues - Les langues de travail de la CPS sont le français et l’anglais, celle de la DRM est le français. Des notions de tahitien seraient un plus.

Organisme du stage :

Communauté du Pacifique, Programme de changement climatique et durabilité environnementale,

projet PROTEGE

BP D5 98 848 Nouméa, Nouvelle Calédonie

Organisme d'accueil :

Direction des Ressources Marines

Immeuble JB Le Caill, 2e étage à Fare Ute.

B.P. 20 – 98713 Papeete, Tahiti, Polynésie française.

Encadrement du stagiaire

Il/elle sera encadré.e par :

  • Corentin SALVAN, ingénieur aquacole en charge des projets de diversification PROTEGE, Direction des Ressources Marines.
  • Matthieu JUNCKER, coordinateur de la thématique Pêche côtière et aquaculture du projet PROTEGE

 

Principes applicables en matière de recrutement – Le recrutement du personnel, salarié ou non, de la CPS se fonde sur le mérite et l’équité. Les candidat·e·s participent à une procédure de sélection équitable, transparente et non discriminatoire. La CPS respecte le principe de l’égalité des chances et défend la diversité de genre et la diversité culturelle, dont le bilinguisme. Elle s’emploie à attirer et à nommer des candidat·e·s respectueux·ses de ces valeurs. Il est dûment tenu compte des principes d’équité de genre et de la volonté de maintenir une forte représentation d’Océaniens et d’Océaniennes. Si le comité de sélection estime, après entretien, ne pas pouvoir départager deux candidat·e·s, la préférence est donnée à un·e Océanien·ne. La confidentialité totale des candidatures est garantie conformément aux dispositions de la Politique de protection des renseignements personnels de la CPS.

Seul (e) s les candidat(e)s de nationalité française ou détenant un visa leur permettant d’effectuer leur stage pourront être sélectionné(e)s.

 

Procédure de dépôt de candidature

Date limite de dépôt des candidatures : 31 octobre 2022 à 23h

Les candidats peuvent envoyer leur candidature aux adresses suivantes : Corentin.Salvan@partenaire-exterieur.ifremer.fr

Seuls les dossiers de candidature complets seront pris en considération. Chaque dossier doit contenir :

  • un curriculum vitæ à jour ;
  • une lettre d’accompagnement exposant les compétences, l’expérience et les motivations du·de la candidat·e ;

La CPS ne fait pas payer l’examen des dossiers de candidature et ne vous demandera jamais vos coordonnées bancaires ou des informations de nature financière dans le cadre de sa procédure de recrutement.





Type: Contrat temporaire international

Catégorie: Durabilité environnementale et changement climatique

Identifiant de référence: SH000165

Date d'affichage: 09/09/2022